LE DÉFI DE L'IMMIGRATION

LE DEFI DE L'IMMIGRATION 

Thèmes de la conférence pastorale du 21 octobre 2010 : les communautés étrangères et les églises installées partagent la même foi, souvent les mêmes lieux de culte ; après deux générations, qu'en est-il des influences réciproques ?

L'avenir est dans la mixité
     Majagira Bulangalire, président de la CEAF, Communauté des Églises d'Expressions africaines en France, parle net, assène de bonnes formules. Les Africains sont venus en France par vagues ; avec chaque vague, la culture a changé. Il y a trente ans, on parlait d'assimilation ; maintenant, on parle d'intégration, de coopération.
    La mission consiste à agir ensemble pour que l'Evangile puisse toucher plus de personnes. L'église est un lieu de transformation, c'est le lieu d'une réalité en mouvement qui appelle à créer du nouveau. La vraie culture se développe dans les banlieues avec des gens d'origines très différentes : d'une mosaïque de cultures naît une autre culture.

Au quotidien
    Quatre ateliers - animés par Marianne Ouattara-Guéroult, Jean-Claude Dibundu, Jean-Luc Blanc et Emil Lazar - ont apporté du vécu à cette mixité. Entre une communauté ethnique et l'église qui lui loue une salle, il y a toujours un rapport de force. La communauté ethnique est nécessaire, elle doit organiser en même temps le culte et la catéchète des enfants puis rapidement, rejoindre une fédération ayant des bases françaises.
    Comment peut-on se rencontrer ? sur des intentions de prière portées par toute la communauté, sur la musique, essentielle à toute culture, en créant une chorale : va-t-on chanter du Bach avec     une touche africaine ? faire du patchwork ? Comment s'enrichir l'un l'autre sans se trahir ?

 Les flux migratoires
    Catherine de Wenden, politologue, chercheuse au CNRS, a dressé le tableau de la mobilité à l'échelle du monde. Chiffres impressionnants : 740 millions de personnes concernées, le tiers des migrations se fait du sud vers le nord, l'Europe reçoit plus de migrants en un an que le reste du monde...
    On migre à cause d'une forte natalité, à cause de catastrophes naturelles d'événements politiques. Et parce qu'on refuse de vivre dans un pays pauvre et gouverné par la corruption : la mobilité est une revendication alors que deux habitants du monde sur trois ne peuvent pas se déplacer librement. Les politiques n'ont pas vu venir le changement. L'argent envoyé par les migrants permet sur place de mieux vivre :les transferts de fonds représentent 328 milliards de dollars à l'échelle mondiale... A suivre sur le site www.ined

    L'ambiance de cette pastorale était amicale et consciente : différents mais unis dans l'Église du Christ, on se voyait par les yeux des autres. Comme l'a dit Majagira Bulangalire : L'autre est frère et sœur ; je dois recevoir comme je dois donner.